Après seulement sept jours de vacances en famille à Noirmoutier, une vétérinaire reconnaît avoir profondément revu sa vision de l’éducation et des besoins comportementaux. Elle présente aujourd’hui ses excuses à tous les propriétaires de bergers australiens à qui elle avait expliqué qu’« avec suffisamment d’activité et de stimulation, il n’y a normalement pas de problème ».
« Je pense que j’ai parfois manqué d’empathie », reconnaît Christelle, vétérinaire depuis quinze ans, après une semaine passée à Noirmoutier avec ses deux enfants.
Avant son départ, elle était pourtant catégorique.
Face aux propriétaires dépassés par leur berger australien, Christelle avait toujours les mêmes conseils : promenade, activité physique, stimulation mentale et éducation.
« Généralement, quand les besoins sont satisfaits, l’animal est beaucoup plus calme à la maison. »
Une certitude qui n’aura pas résisté à trois jours de vacances.
Plus elle les dépense, plus ils deviennent endurants
Après une randonnée de 8 kilomètres le matin, deux heures de baignade et une balade à vélo, Christelle pense enfin avoir trouvé la formule.
À 21 h 46, ses deux enfants courent encore dans les escaliers de la location.
« C’est là que j’ai commencé à comprendre le berger australien qui bouffe le canapé. »
La vétérinaire décide alors d’ajouter de la stimulation mentale : jeux, énigmes, activités diverses… Elle va même jusqu’à cacher des bonbons dans le jardin.
« Je les regardais chercher derrière les arbres et je me suis rendu compte que j’étais littéralement en train de faire du nosework avec mes enfants. »
Sans résultat.
Pire, Christelle commence à soupçonner que toute cette activité ne fait que les rendre plus performants.
« Je me demande si depuis quinze ans je ne suis pas simplement en train d’entraîner physiquement les bergers australiens de mes clients. »
Un espoir inattendu au musée
La seule véritable amélioration survient au musée.
Les enfants ralentissent enfin.
« Ils râlaient tout le temps et demandaient toutes les quatre minutes quand est-ce qu’on partait, mais ils marchaient lentement. Pendant vingt minutes, j’ai vraiment cru qu’on avait trouvé quelque chose. »
L’expérience prend fin lorsqu’ils commencent à courir à quelques dizaines de centimètres d’œuvres estimées à plusieurs millions d’euros.
La famille quitte finalement le musée quelques minutes plus tard, raccompagnée par la sécurité.
En off, Christelle reconnaîtra avoir assez mal vécu l’expérience :
« Jeune, j’ai déjà été virée d’une boîte de nuit. Mais d’un musée... »
Une légère déformation professionnelle
Au cinquième jour, après une nouvelle soirée particulièrement agitée, Christelle reconnaît avoir brièvement envisagé une grande cage « juste cinq minutes, pour éviter qu’ils fassent des bêtises ».
L’idée lui fait immédiatement prendre conscience que sa déformation professionnelle commence peut-être à devenir inquiétante.
« Là, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je reprenne le travail. »
De retour à la clinique, ses collègues découvrent effectivement une vétérinaire beaucoup plus compréhensive.
Face au premier propriétaire de berger australien dépassé malgré les promenades, les jeux et l’éducation, Christelle se contente désormais de répondre :
« Vous faites ce que vous pouvez. »
Elle aurait surtout définitivement retiré de ses consultations une phrase qu’elle répétait pourtant depuis quinze ans :
« Il fallait peut-être se renseigner sur les besoins de la race avant de prendre un chiot. »
Elle reconnaît aujourd’hui qu’elle-même ne s’était probablement pas suffisamment renseignée avant d’avoir des enfants.





