Les chroniques (presque) sérieuses de Speed Véto

Un vétérinaire surdoué réalise son premier burn out pendant son rempla carte verte

1 Sep 2026 | Santé

Toulouse  : À seulement 24 ans et alors qu’il n’est pas encore officiellement diplômé, Hugo vient de réaliser une performance que beaucoup de vétérinaires n’atteignent qu’après plusieurs années d’exercice : son premier burn-out.

« On m’avait diagnostiqué HPI quand j’étais petit, mais je ne pensais pas pouvoir être à ce point en avance sur les autres », raconte le jeune homme, encore surpris par cette réussite précoce.

Tout commence trois semaines après le début de son remplacement carte verte.

Après plusieurs journées terminées à 21 h, quelques urgences prises entre deux consultations et une césarienne de bouledogue français au cours de laquelle un chiot décède, Hugo commence à ressentir une certaine fatigue.

« Au début, je pensais que j’étais simplement nul. Heureusement, mon responsable m’a beaucoup rassuré en me disant que lui aussi le pensait. »

« Ça m’a permis de m’intégrer à l’équipe »

Rapidement, Hugo découvre que son expérience est loin d’être isolée.

« Quand j’ai annoncé mon burn-out en salle de pause, ça a créé énormément de liens. Sur les six vétérinaires de la clinique, cinq en avaient déjà fait un. Chacun racontait le sien : trois semaines d’arrêt, deux mois, six mois… C’était un peu comme comparer nos temps sur un semi-marathon. »

Une collègue lui aurait même confié en avoir déjà fait deux.

« Là, forcément, on respecte. J’ai encore beaucoup à apprendre. »

Pour Hugo, cette première expérience aura finalement eu un effet positif.

« Avant, j’avais encore un peu le syndrome de l’imposteur. Maintenant que j’ai fait mon burn-out comme les autres, je me sens vraiment vétérinaire. »

Une prise en charge immédiate par la clinique

Son responsable, Philippe, assure de son côté avoir tout mis en œuvre pour accompagner le jeune vétérinaire, notamment après le décès du chiot pendant la césarienne.

« Il culpabilisait beaucoup. Pour lui apprendre à gérer ce genre de situation, nous avons donc retiré le prix du chiot directement de son salaire. Ça lui a permis de se sentir moins coupable et surtout de ne pas perdre le client. »

Philippe a également tenu à rappeler personnellement l’éleveur.

« Je lui ai expliqué que la prochaine fois, ce serait moi qui ferais la césarienne et qu’il n’y aurait pas de problème. Il faut savoir protéger les jeunes dans ces moments-là. »

Une intervention qu’Hugo reconnaît avoir beaucoup appréciée.

« Ça m’a soulagé. Au début, je pensais que le plus grave était la mort du chiot. Après cette discussion, j’ai compris que le vrai problème aurait été de perdre le client. »

La clinique reconnaît sa part de responsabilité

De son côté, Philippe assure avoir également tiré quelques enseignements de l’expérience.

« Quand Hugo est arrivé, il nous a expliqué qu’il était HPI. J’ai voulu tenir compte de son profil et lui aménager son planning. Bêtement, j’ai confondu HPI et TDAH. Je pensais qu’il était hyperactif, donc je lui remplissais bien ses journées pour éviter qu’il s’ennuie. »

Une erreur que le responsable reconnaît volontiers.

« Avec le recul, c’était peut-être pas la meilleure façon d’aménager son planning. Après, il ne s’est jamais ennuyé, donc tout n’était pas à jeter. »

Un avenir professionnel déjà bien préparé

Hugo préfère désormais regarder vers l’avenir.

« D’après les statistiques, maintenant que j’ai fait mon premier burn-out, je devrais normalement changer de profession d’ici trois ans. »

Le jeune homme a donc commencé à anticiper.

« J’ai déjà regardé quelques formations en alternance. Je pense que c’est important de préparer sa reconversion suffisamment tôt, surtout quand on n’a pas encore terminé sa formation initiale. »

Son responsable reste néanmoins optimiste.

« C’est dommage parce qu’on comptait vraiment sur lui cet été. Surtout qu’on n’a toujours pas trouvé de remplaçant pour remplacer la vétérinaire qui remplaçait celle qui est partie en burn-out. »

La clinique vient donc de republier son annonce sur Speed véto.

Elle recherche un vétérinaire passionné, autonome et résistant au stress, souhaitant rejoindre une équipe familiale.

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