Le monde vétérinaire est sous le choc. Un vétérinaire exerçant depuis une quinzaine d’années est décédé mardi lors d’une intervention chirurgicale visant à réduire la taille de son ego, devenu incompatible avec une vie normale en collectivité.
Selon le chirurgien, l’intervention s’annonçait pourtant relativement simple.
« Au scanner, on voyait très clairement que l’ego occupait quasiment toute la boîte crânienne. Il comprimait notamment les zones responsables de l’écoute, du doute et de la remise en question. »
Au départ, pourtant, rien ne laissait présager une telle évolution.
« C’était un vétérinaire rural comme les autres », se souvient une ASV. « Il faisait de la prophylaxie, des vêlages… À l’époque, il aimait même beaucoup mettre des aimants. »
Les premiers symptômes seraient apparus quelques années plus tard, lorsqu’il décide de passer un CEAV de médecine interne.
« Au début, on était contents pour lui. Puis il a commencé à reprendre les autres vétérinaires sur leurs bilans sanguins. Ensuite les labos sur leurs normes. Là, on a compris qu’il se passait quelque chose. »
Le vétérinaire, lui, réfutait toute modification de son comportement.
« Je suis resté exactement le même. J’ai simplement acquis un niveau de connaissances qui rendait l’avis des autres un peu moins nécessaire. »
Mais la maladie aurait véritablement changé de dimension lorsqu’il s’est mis à la chirurgie orthopédique.
« Après sa troisième TPLO, il a commencé à parler de lui à la troisième personne », raconte une ASV. « Et dès qu’un autre vétérinaire présentait un cas, il répondait : “Moi, j’aurais fait comme ça.” Même quand personne ne lui avait demandé. »
« À ce stade-là, son ego était déjà spécialiste depuis plusieurs mois », confirme une ASV.
L’intéressé, qui avait accepté de témoigner avant l’intervention, ne semblait toutefois pas partager cette inquiétude.
« Je ne dirais pas que j’ai pris la grosse tête. Je dirais plutôt que les autres ont pris du retard. »
La situation se serait encore aggravée après plusieurs formations en management et son passage au statut d’associé.
« Après sa troisième formation en leadership, il ne rentrait quasiment plus dans la salle de pause », explique une collègue. « Pas physiquement. Sa tête passait encore. Mais il fallait que tout le monde se pousse. »
Face à l’aggravation des symptômes, une réduction chirurgicale de l’ego avait finalement été décidée.
Mais l’intervention s’est révélée beaucoup plus complexe que prévu.
« On pensait en retirer environ 30 %. Le problème, c’est que dès qu’on en enlevait un morceau, il repoussait. »
Le vétérinaire aurait finalement succombé quelques heures plus tard.
Selon l’équipe médicale, ses derniers mots auraient été :
« Je me demande si je devrais pas faire une résidence. »






