Les chroniques (presque) sérieuses de Speed Véto

Jean Michel vétérinaire dans le Charolais ne comprend toujours pas pourquoi aucun aide n’a répondu à son annonce.

27 Août 2026 | Mode

Charolles, après six mois de recherches infructueuses, Jean-Michel, vétérinaire rural depuis 1994, commence sérieusement à s’interroger sur le manque de motivation de la nouvelle génération.

« Pourtant, je pense qu’on avait vraiment fait une annonce attractive », explique-t-il, visiblement déçu.

L’offre proposait en effet un poste d’aide longue durée, de préférence un homme « parce qu’en vêlage, il faut quand même parfois tirer un peu », au sein d’une structure à l’ambiance familiale.

Parmi les autres avantages : une clientèle rurale « exigeante mais attachante », une autonomie complète dès le premier jour et la possibilité d’intégrer une équipe où « tout le monde met la main à la pâte ».

Côté organisation, la structure avait également fait un véritable effort.

« La garde, c’est seulement une sur deux. Et quand on aura trouvé le deuxième vétérinaire qu’on cherche en urgence depuis mars, normalement ça devrait passer à une sur trois. »

Jean-Michel reconnaît néanmoins que le recrutement devient urgent.

« Là, on est trois. Enfin deux et demi, parce que Philippe part fin septembre. Mais justement, si quelqu’un arrive maintenant, il aura tout de suite beaucoup de responsabilités. Pour un jeune, c’est extrêmement formateur. »

L’annonce précisait d’ailleurs que le candidat devait être autonome, disponible, polyvalent et capable de gérer seul les urgences rurales, même si « évidemment, on reste toujours joignables ».

Un logement à deux pas du travail

Jean-Michel tient également à rappeler l’un des gros avantages proposés par la clinique : un logement directement au-dessus de la structure, pour un loyer modéré de 500 € par mois.

« Franchement, pour un jeune, c’est idéal. Il n’a même pas besoin de prendre sa voiture pour venir travailler. Et puis, s’il y a un animal hospitalisé la nuit, il peut facilement descendre jeter un œil. Ça lui permet aussi de voir davantage de cas et de progresser plus vite. »

Les 500 € peuvent même être directement retirés du salaire, « comme ça, il n’a pas à penser à faire un virement tous les mois ».

Un système qui permet donc au futur salarié de bénéficier simultanément d’un logement, d’une proximité immédiate avec son lieu de travail et d’une formation continue, y compris pendant son sommeil.

Concernant les horaires, Jean-Michel se veut là encore rassurant.

« On ne compte pas vraiment les heures ici. On est une famille. Si quelqu’un doit partir à 18 h pour un rendez-vous, il suffit de prévenir. Bon, évidemment, s’il y a un vêlage, il va d’abord au vêlage. »

Le salaire sera quant à lui défini « selon le profil et la motivation », l’annonce précisant qu’une association est envisageable à terme pour quelqu’un qui fait ses preuves.

Malgré l’absence totale de candidature, Jean-Michel refuse pour l’instant de modifier profondément son offre.

« On m’a conseillé d’enlever “ambiance familiale”, “garde une sur deux” et “de préférence un homme”. Mais après, si on enlève tout ce qui fait l’intérêt du poste, qu’est-ce qu’il reste ? »

La clinique envisagerait néanmoins de moderniser prochainement son annonce en ajoutant « équilibre vie pro / vie perso », Jean-Michel ayant récemment appris que ce terme était devenu « à la mode ».

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