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De retour de congés, un vétérinaire profondément déçu de découvrir que la clinique a parfaitement fonctionné sans lui

27 Juil 2026 | Faits divers

PAU – Parti deux semaines en vacances avec la certitude de retrouver une clinique au bord de l’implosion, Frédéric, vétérinaire depuis plus de quinze ans, est revenu lundi matin prêt à reprendre les choses en main.

« Alors… racontez-moi. Qui a craqué en premier ? »

Un silence s’installe.

Persuadé que ses collègues cherchaient simplement à le ménager, le vétérinaire aurait poursuivi son interrogatoire. Réclamations clients, erreurs médicales, conflits d’équipe, urgences catastrophiques, hospitalisations compliquées…

Toujours rien.

« J’ai même demandé à voir les avis Google. Ils étaient meilleurs que quand j’étais là. Là, j’ai commencé à comprendre que quelque chose m’échappait », confie-t-il, encore très marqué par son retour.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le nombre de consultations aurait légèrement augmenté pendant son absence. Les délais d’attente auraient diminué et plusieurs clients auraient spontanément salué « une ambiance particulièrement sereine » au sein de la clinique.

Plus troublant encore, les indicateurs médicaux auraient eux aussi connu une évolution inattendue.

« Les chiffres montrent une hausse de 30 % du taux de survie des patients. On pense évidemment qu’il s’agit d’une simple coïncidence, mais par précaution, on évite de lui montrer les statistiques », explique un associé.

Le vétérinaire affirme avoir réellement compris l’ampleur de la situation lorsqu’aucune ASV ne s’est précipitée vers lui à son arrivée.

« Elles m’ont simplement demandé si j’avais passé de bonnes vacances. C’est là que j’ai compris que je n’étais peut-être pas aussi indispensable que je le pensais. »

Plus inquiétant encore, une assistante reconnaît n’avoir remarqué son absence qu’au bout de plusieurs jours.

« Je pensais juste qu’il était en visite. »

Même constat chez les éleveurs.

« Depuis son départ, on appelle beaucoup plus sereinement. On ose même signaler un veau déshydraté depuis le matin à 19 h 15 ou une chèvre qui boite depuis deux jours. Avant, on avait surtout peur de se faire engueuler. Les jeunes, eux, arrivent, nous expliquent calmement qu’il aurait peut-être fallu appeler un peu plus tôt… c’est beaucoup moins stressant », confie un éleveur, qui reconnaît toutefois « essayer de faire un petit effort » depuis.

L’ambiance générale de la clinique se serait également améliorée. Marie-Charlotte, secrétaire, aurait même profité de cette période pour organiser son anniversaire… alors qu’elle est née en septembre.

« On ne sait pas trop pourquoi, mais ça nous semblait être le bon moment », explique-t-elle.

En off, plusieurs membres de l’équipe reconnaissent également que les repas entre collègues sont devenus beaucoup plus simples à organiser.

« On ne lui dit pas, mais à chaque sortie, il nous expliquait que la profession était mieux avant, glissait une vieille blague misogyne et finissait toujours par réserver un restaurant spécialisé dans les abats alors que la moitié de l’équipe est végétarienne », souffle une ASV sous couvert d’anonymat.

Le seul à s’être véritablement inquiété de cette absence serait un commercial de laboratoire.

Alerté par une baisse inhabituelle des commandes de corticoïdes durant le mois de juillet, celui-ci aurait d’abord suspecté un problème informatique avant de comprendre...

« J’ai cru que votre logiciel de commande était en panne », aurait-il déclaré en découvrant les chiffres.

Très affecté par ces révélations, Frédéric aurait demandé un audit interne afin de comprendre comment une clinique avait pu continuer à fonctionner normalement sans lui.

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