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Contrôle sous couverture : un agent de la DDPP démasqué dans une clinique vétérinaire après un « Bismillah, c’est les ténèbres »

18 Oct 2026 | Infos en vrac

couple vétérinaire

Une opération de contrôle de pharmacie vétérinaire a tourné court dans une clinique du Sud-Ouest. Malgré une préparation minutieuse, un agent expérimenté aurait commis plusieurs erreurs qui lui ont coûté sa couverture.

Jean-Michel avait pourtant tout prévu. Chargé d’effectuer un contrôle sous couverture dans une clinique vétérinaire, cet agent de la DDPP devait se faire passer pour le propriétaire de Rocky, un beagle mâle non castré de six ans, afin de tenter d’obtenir des antibiotiques sans consultation.

Photos sur son téléphone, anecdotes sur les promenades, habitudes de couchage : le contrôleur avait soigneusement préparé son personnage.

« Il m’a montré une dizaine de photos de Rocky, m’a expliqué qu’il dormait dans leur lit et qu’ils le considéraient comme leur troisième enfant. Franchement, c’était très crédible », raconte l’ASV qui l’a accueilli.

Lorsque celle-ci lui a expliqué qu’il était impossible de délivrer des antibiotiques sans consultation, Jean-Michel aurait répondu : « Bismillah, c’est les ténèbres ! Pour une fois, on pourrait faire une exception ! »

« J’ai trouvé la formulation un peu particulière, c’est vrai. Mais bon, les propriétaires ont parfois des expressions à eux. Et puis il avait l’air tellement attaché à Rocky, avec toutes ses photos et ses anecdotes, que je n’ai pas cherché plus loin », raconte l’ASV.

L’assistante lui a alors proposé de prendre rendez-vous dans l’après-midi. C’est en poursuivant la conversation que les premiers véritables soupçons sont apparus.

« Deux erreurs d’affilée, ça m’a mis la puce à l’oreille »

« À l’école, on nous apprend à reconnaître les différents profils de propriétaires. Un beagle mâle non castré qui s’appelle Rocky, c’est un profil assez classique. Le propriétaire le considère généralement comme son enfant, parle de lui à la troisième personne et ne remet jamais en cause ses décisions. »

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Un premier détail aurait attiré son attention.

« À un moment, il a dit “le chien” au lieu de “mon cœur” ou “mon bébé”. J’ai trouvé ça un peu étrange, mais bon, ça peut arriver. »

La suite de l’échange allait cependant confirmer ses soupçons.

« Quand je lui ai expliqué qu’il faudrait probablement donner des comprimés à Rocky, il m’a répondu que ça allait être très compliqué, parce qu’il était extrêmement difficile et qu’il refusait presque tout ce qu’on lui proposait à manger. »

Pour l’ASV, il n’y avait alors plus de doute.

« Un beagle qui refuse quelque chose à manger ? Là, j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond. Deux erreurs aussi grossières à quelques minutes d’intervalle, ça ne pouvait pas être une coïncidence. »

Une expérience de l’infiltration pourtant reconnue

Avant d’être affecté aux contrôles de pharmacie vétérinaire, Jean-Michel avait déjà participé à plusieurs inspections sous couverture, notamment au sein de groupes de jeunes.

« J’avais appris à adapter mon langage pour me fondre dans la population. Certaines expressions me viennent encore très naturellement. Je pense que sur cet aspect-là, j’ai fait du bon travail. Mais les propriétaires de chiens, c’est beaucoup plus technique. »

Une erreur lourde de conséquences

Du côté de la DDPP, l’affaire passe mal.

« Lorsqu’on choisit un beagle ou un labrador comme animal de couverture, les consignes sont pourtant très claires : il ne faut jamais laisser entendre que l’animal pourrait refuser de la nourriture, et encore moins un comprimé caché dans un morceau de fromage », explique une formatrice, qui a souhaité conserver l’anonymat.

« C’est écrit noir sur blanc dans les supports de formation. Jean-Michel a commis une erreur lourde de conséquences, qui aurait pu être évitée avec un minimum de rigueur. »

L’administration envisage désormais de renforcer la formation de ses agents, notamment sur l’utilisation des trois expressions incontournables : « Il ne lui manque que la parole », « Il comprend tout ce qu’on lui dit » et « C’est comme notre enfant ».

Ces phrases devront être placées régulièrement au cours des échanges avec les équipes vétérinaires, y compris lorsque personne ne pose de question.

De son côté, Jean-Michel ne cache pas sa déception.

« Je connaissais pourtant la règle. Mon oncle Jean-Claude avait un beagle qui mangeait même de la terre. Je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris. »

L’agent assure toutefois ne pas vouloir rester sur cet échec.

« La prochaine fois, je prendrai un chat. »

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