Les chroniques (presque) sérieuses de Speed Véto

Il devient associé et perd mystérieusement toute empathie pour les salariés

16 Oct 2026 | Infos en vrac

couple vétérinaire

Trois semaines après être devenu associé, un vétérinaire ne comprend plus pourquoi ses salariés veulent rentrer chez eux à 19 h

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES  : Jusqu’au mois dernier, Thomas, 34 ans, vétérinaire canin, était décrit par ses collègues comme « un mec vraiment sympa », toujours prêt à défendre les salariés et à dénoncer les abus de la profession.

Mais depuis son entrée au capital de la clinique à hauteur de 10 %, ses collègues ne le reconnaissent plus.

« Avant, il était le premier à râler quand on finissait à 19 h 30. Maintenant, il nous explique qu’à son époque, on ne regardait pas sa montre », témoigne Julie, vétérinaire salariée, qui précise que cette époque remonte au mois de septembre.

Une transformation fulgurante

Les premiers symptômes seraient apparus dès la signature des statuts.

« Le matin même, Thomas nous expliquait encore que les gardes étaient insuffisamment rémunérées. L’après-midi, il nous disait qu’il fallait arrêter de tout ramener à l’argent. »

Le lendemain, il utilisait pour la première fois l’expression « les jeunes ne veulent plus travailler ».

Une phrase d’autant plus surprenante que Thomas avait lui-même demandé un passage à quatre jours par semaine six mois auparavant pour « retrouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ».

« Quand on aime son métier, on ne compte pas ses heures »

Vous n'êtes pas recruteur pro

Désormais associé, Thomas a également développé une passion soudaine pour la rentabilité.

« Avant, il disait qu’on faisait trop de consultations et qu’on n’avait plus le temps de bien travailler. Maintenant, quand il voit un trou de quinze minutes dans le planning, il demande à l’ASV pourquoi il n’y a personne dedans. »

Il aurait également découvert que les pauses déjeuner représentaient une perte de productivité considérable.

« On ne peut pas vouloir un bon salaire et passer une heure à manger », aurait-il déclaré en terminant son deuxième café de la matinée.

Des souvenirs de salariat progressivement effacés

Interrogé sur ses anciennes revendications, Thomas assure ne pas se souvenir d’avoir jamais tenu de tels propos.

« Je n’ai jamais été contre les gardes. J’étais simplement contre le fait de les faire moi-même. Ce n’est pas pareil. »

Concernant les augmentations de salaire qu’il réclamait encore quelques semaines auparavant, le nouvel associé se veut pragmatique.

« Il faut comprendre que les charges d’une clinique sont énormes. Les salariés ne se rendent pas compte. »

Thomas aurait d’ailleurs récemment proposé de remplacer les augmentations annuelles par « un projet d’équipe fédérateur ».

Une évolution qui inquiète ses proches

Selon sa compagne, les changements ne se limiteraient pas à la clinique.

« Depuis qu’il est associé, il parle de masse salariale pendant les repas et il a commencé à appeler notre fils de sept ans “un centre de coûts”. »

La situation pourrait toutefois rapidement évoluer.

Thomas vient en effet de découvrir que son associé majoritaire gagne trois fois plus que lui.

Il envisagerait désormais de revendre ses parts, dénonçant « un système profondément injuste dans lequel ceux qui travaillent vraiment ne sont pas suffisamment récompensés ».

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