Les chroniques (presque) sérieuses de Speed Véto

« Encore deux chiens à recoudre et normalement, on devrait avoir le sanglier »

28 Oct 2026 | Infos en vrac

Un chasseur optimiste redonne espoir à une vétérinaire après une matinée de chirurgie.

Samedi, 11 h 45. Dans une clinique vétérinaire de Normandie, Marion vient de terminer sa quatrième chirurgie sur un chien de chasse blessé par un sanglier.

Depuis 8 heures du matin, les chasseurs se succèdent dans la clinique, entrant directement par la porte de derrière, les bottes pleines de boue, pour déposer leurs chiens ou donner des nouvelles de la battue.

« À un moment, il y en a un qui est rentré dans la salle de préparation pour nous dire qu’il pensait que deux autres chiens allaient arriver. Puis cinq minutes après, il est revenu nous annoncer que finalement, il y en aurait trois. “C’est un gros sanglier, il se laisse pas faire”, nous a-t-il expliqué, visiblement assez admiratif. »

Une situation que Marion pensait pourtant avoir définitivement laissée derrière elle en changeant de clinique.

« Dans mon ancienne clinique, on passait nos week-ends à recoudre des chiens de chasse. Mes patrons adoraient ça, on faisait du volume. Personnellement, j’avais quelques doutes sur la rentabilité, mais ils avaient l’air tellement contents de nous voir travailler douze heures le samedi que je n’ai jamais osé gâcher leur plaisir avec une calculatrice. »

Marion nous confiera toutefois en off que ses anciens patrons ne participaient jamais aux gardes.

« Finalement, maintenant que j’y pense, ça devait être encore plus rentable pour eux. »

Un chasseur confiant malgré les difficultés

À 12 h 15, alors qu’un cinquième chien vient d’être déposé en urgence, son propriétaire se veut rassurant.

« Là, franchement, ça sent bon. Je pense qu’avec encore deux chiens, on devrait réussir à avoir le sanglier. Trois maximum. »

Un optimisme que Marion a du mal à partager.

« Je lui ai demandé s’il ne préférait pas laisser partir le sanglier. Il m’a répondu qu’on ne pouvait pas abandonner maintenant, vu tout ce que ça lui avait déjà coûté. »

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Une opération financièrement prometteuse

Pour le chasseur, le bilan reste encourageant : deux chiens hospitalisés, cinq interventions chirurgicales et près de 2 000 euros de frais vétérinaires.

« C’est sûr, ça fait un budget. Mais si on arrive à le tuer, ça nous fera quand même une belle terrine. »

Interrogé sur la rentabilité de l’opération, il reconnaît que la viande de sanglier lui revient désormais à environ 850 euros le kilo.

« Mais bon, c’est pas pareil que celle du supermarché. »

Les vétérinaires appelés à soutenir la filière

Dans l’ancienne clinique de Marion, son départ a été difficile à vivre.

« C’est dommage, elle recousait très vite. Nous, on avait réussi à négocier des tarifs chasse très compétitifs. Avec 15 chiens dans le week-end, ça permettait de faire du volume. »

La direction réfléchit désormais à un nouveau forfait comprenant la consultation, l’anesthésie et la suture, avec la sixième intervention offerte.

Une fin de journée encourageante

À 18 h 30, Marion reçoit finalement des nouvelles du chasseur.

Le sanglier a réussi à s’échapper.

« On l’a presque eu. Mais demain, on revient avec les chiens du beau-frère. Ils sont tout neufs. »

Marion a depuis demandé à ne plus travailler le samedi.

En espérant que le sanglier aussi prenne un jour de repos.

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