Contrôle sous couverture : un agent de la DDPP démasqué dans une clinique vétérinaire après un « Bismillah, c’est les ténèbres »

Contrôle sous couverture : un agent de la DDPP démasqué dans une clinique vétérinaire après un « Bismillah, c’est les ténèbres »

Une opération de contrôle de pharmacie vétérinaire a tourné court dans une clinique du Sud-Ouest. Malgré une préparation minutieuse, un agent expérimenté aurait commis plusieurs erreurs qui lui ont coûté sa couverture.

Jean-Michel avait pourtant tout prévu. Chargé d’effectuer un contrôle sous couverture dans une clinique vétérinaire, cet agent de la DDPP devait se faire passer pour le propriétaire de Rocky, un beagle mâle non castré de six ans, afin de tenter d’obtenir des antibiotiques sans consultation.

Photos sur son téléphone, anecdotes sur les promenades, habitudes de couchage : le contrôleur avait soigneusement préparé son personnage.

« Il m’a montré une dizaine de photos de Rocky, m’a expliqué qu’il dormait dans leur lit et qu’ils le considéraient comme leur troisième enfant. Franchement, c’était très crédible », raconte l’ASV qui l’a accueilli.

Lorsque celle-ci lui a expliqué qu’il était impossible de délivrer des antibiotiques sans consultation, Jean-Michel aurait répondu : « Bismillah, c’est les ténèbres ! Pour une fois, on pourrait faire une exception ! »

« J’ai trouvé la formulation un peu particulière, c’est vrai. Mais bon, les propriétaires ont parfois des expressions à eux. Et puis il avait l’air tellement attaché à Rocky, avec toutes ses photos et ses anecdotes, que je n’ai pas cherché plus loin », raconte l’ASV.

L’assistante lui a alors proposé de prendre rendez-vous dans l’après-midi. C’est en poursuivant la conversation que les premiers véritables soupçons sont apparus.

« Deux erreurs d’affilée, ça m’a mis la puce à l’oreille »

« À l’école, on nous apprend à reconnaître les différents profils de propriétaires. Un beagle mâle non castré qui s’appelle Rocky, c’est un profil assez classique. Le propriétaire le considère généralement comme son enfant, parle de lui à la troisième personne et ne remet jamais en cause ses décisions. »

Vous n'êtes pas recruteur pro

Un premier détail aurait attiré son attention.

« À un moment, il a dit “le chien” au lieu de “mon cœur” ou “mon bébé”. J’ai trouvé ça un peu étrange, mais bon, ça peut arriver. »

La suite de l’échange allait cependant confirmer ses soupçons.

« Quand je lui ai expliqué qu’il faudrait probablement donner des comprimés à Rocky, il m’a répondu que ça allait être très compliqué, parce qu’il était extrêmement difficile et qu’il refusait presque tout ce qu’on lui proposait à manger. »

Pour l’ASV, il n’y avait alors plus de doute.

« Un beagle qui refuse quelque chose à manger ? Là, j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond. Deux erreurs aussi grossières à quelques minutes d’intervalle, ça ne pouvait pas être une coïncidence. »

Une expérience de l’infiltration pourtant reconnue

Avant d’être affecté aux contrôles de pharmacie vétérinaire, Jean-Michel avait déjà participé à plusieurs inspections sous couverture, notamment au sein de groupes de jeunes.

« J’avais appris à adapter mon langage pour me fondre dans la population. Certaines expressions me viennent encore très naturellement. Je pense que sur cet aspect-là, j’ai fait du bon travail. Mais les propriétaires de chiens, c’est beaucoup plus technique. »

Une erreur lourde de conséquences

Du côté de la DDPP, l’affaire passe mal.

« Lorsqu’on choisit un beagle ou un labrador comme animal de couverture, les consignes sont pourtant très claires : il ne faut jamais laisser entendre que l’animal pourrait refuser de la nourriture, et encore moins un comprimé caché dans un morceau de fromage », explique une formatrice, qui a souhaité conserver l’anonymat.

« C’est écrit noir sur blanc dans les supports de formation. Jean-Michel a commis une erreur lourde de conséquences, qui aurait pu être évitée avec un minimum de rigueur. »

L’administration envisage désormais de renforcer la formation de ses agents, notamment sur l’utilisation des trois expressions incontournables : « Il ne lui manque que la parole », « Il comprend tout ce qu’on lui dit » et « C’est comme notre enfant ».

Ces phrases devront être placées régulièrement au cours des échanges avec les équipes vétérinaires, y compris lorsque personne ne pose de question.

De son côté, Jean-Michel ne cache pas sa déception.

« Je connaissais pourtant la règle. Mon oncle Jean-Claude avait un beagle qui mangeait même de la terre. Je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris. »

L’agent assure toutefois ne pas vouloir rester sur cet échec.

« La prochaine fois, je prendrai un chat. »

Il devient associé et perd mystérieusement toute empathie pour les salariés

Il devient associé et perd mystérieusement toute empathie pour les salariés

Trois semaines après être devenu associé, un vétérinaire ne comprend plus pourquoi ses salariés veulent rentrer chez eux à 19 h

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES  : Jusqu’au mois dernier, Thomas, 34 ans, vétérinaire canin, était décrit par ses collègues comme « un mec vraiment sympa », toujours prêt à défendre les salariés et à dénoncer les abus de la profession.

Mais depuis son entrée au capital de la clinique à hauteur de 10 %, ses collègues ne le reconnaissent plus.

« Avant, il était le premier à râler quand on finissait à 19 h 30. Maintenant, il nous explique qu’à son époque, on ne regardait pas sa montre », témoigne Julie, vétérinaire salariée, qui précise que cette époque remonte au mois de septembre.

Une transformation fulgurante

Les premiers symptômes seraient apparus dès la signature des statuts.

« Le matin même, Thomas nous expliquait encore que les gardes étaient insuffisamment rémunérées. L’après-midi, il nous disait qu’il fallait arrêter de tout ramener à l’argent. »

Le lendemain, il utilisait pour la première fois l’expression « les jeunes ne veulent plus travailler ».

Une phrase d’autant plus surprenante que Thomas avait lui-même demandé un passage à quatre jours par semaine six mois auparavant pour « retrouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ».

« Quand on aime son métier, on ne compte pas ses heures »

Vous n'êtes pas recruteur pro

Désormais associé, Thomas a également développé une passion soudaine pour la rentabilité.

« Avant, il disait qu’on faisait trop de consultations et qu’on n’avait plus le temps de bien travailler. Maintenant, quand il voit un trou de quinze minutes dans le planning, il demande à l’ASV pourquoi il n’y a personne dedans. »

Il aurait également découvert que les pauses déjeuner représentaient une perte de productivité considérable.

« On ne peut pas vouloir un bon salaire et passer une heure à manger », aurait-il déclaré en terminant son deuxième café de la matinée.

Des souvenirs de salariat progressivement effacés

Interrogé sur ses anciennes revendications, Thomas assure ne pas se souvenir d’avoir jamais tenu de tels propos.

« Je n’ai jamais été contre les gardes. J’étais simplement contre le fait de les faire moi-même. Ce n’est pas pareil. »

Concernant les augmentations de salaire qu’il réclamait encore quelques semaines auparavant, le nouvel associé se veut pragmatique.

« Il faut comprendre que les charges d’une clinique sont énormes. Les salariés ne se rendent pas compte. »

Thomas aurait d’ailleurs récemment proposé de remplacer les augmentations annuelles par « un projet d’équipe fédérateur ».

Une évolution qui inquiète ses proches

Selon sa compagne, les changements ne se limiteraient pas à la clinique.

« Depuis qu’il est associé, il parle de masse salariale pendant les repas et il a commencé à appeler notre fils de sept ans “un centre de coûts”. »

La situation pourrait toutefois rapidement évoluer.

Thomas vient en effet de découvrir que son associé majoritaire gagne trois fois plus que lui.

Il envisagerait désormais de revendre ses parts, dénonçant « un système profondément injuste dans lequel ceux qui travaillent vraiment ne sont pas suffisamment récompensés ».

Deux vétérinaires se remettent en couple pour trouver plus facilement du boulot.

Deux vétérinaires se remettent en couple pour trouver plus facilement du boulot.

Après deux ans de séparation, Thomas et Julie, deux vétérinaires, ont décidé de se remettre ensemble. En cause : la multiplication des annonces recherchant « deux vétérinaires en urgence ».

« On voyait passer cherche 2 vétérinaires, 2 postes à pourvoir rapidement, parfois même 2 à 3 vétérinaires recherchés. À un moment, on s’est dit que professionnellement, notre séparation n’avait peut-être pas été une très bonne décision. »

Une annonce finit par retenir leur attention : « Recherche URGENT deux vétérinaires, autonomes rapidement, équipe jeune et dynamique, ambiance familiale, postes disponibles immédiatement. »

Pour Thomas et Julie, tous les voyants sont au vert.

Plusieurs départs qui ne les inquiètent pas

Lors du premier échange, le couple apprend que trois vétérinaires ont quitté la clinique depuis le début de l’année.

Thomas n’y voit rien d’alarmant.

« Il y en a une qui voulait se rapprocher de sa famille. Pour les deux autres, je ne sais pas. »

Selon nos informations, les deux autres souhaitaient également se rapprocher de la famille de la première.

Le responsable de la clinique évoque simplement « une période de transition ».

Une salariée nous confiera plus tard que la transition avait commencé en 2023.

Une « ambiance familiale » qui finit de les convaincre

C’est finalement la mention « ambiance familiale » qui convainc Julie.

« On passe quand même énormément de temps au travail. C’est important de se sentir un peu comme chez soi. »

Une ancienne salariée nous confirme que la comparaison est plutôt juste.

« On s’engueulait beaucoup, et  effectivement, personne ne comptait ses heures. »

En off, le responsable reconnaît apprécier particulièrement le recrutement des couples.

« C’est beaucoup plus stable. Même s’il y en a un des deux qui n’est pas très bien chez nous, retrouver deux postes dans la même clinique, c’est compliqué. Donc généralement ils restent. On a réussi à garder deux vétérinaires presque trois ans comme ça. Pour nous, c’est exceptionnel. »

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Un entretien qui confirme immédiatement leur choix

L’entretien d’embauche finit de rassurer le couple.

« On s’attendait à beaucoup de questions sur notre expérience, notre façon de travailler… Finalement, pas du tout. Le courant est passé immédiatement. »

Après une rapide présentation, le responsable leur indique que leurs profils sont « particulièrement intéressants » et correspondent « exactement à ce qu’il recherche ».

Il leur demande s’ils peuvent commencer dès le lendemain.

« C’est agréable de rencontrer quelqu’un qui vous fait confiance aussi rapidement », raconte Thomas.

Une confiance qui se confirme immédiatement : le responsable leur annonce qu’il partira en vacances une semaine après leur arrivée.

« Quand ils écrivaient autonomes rapidement dans l’annonce, ce n’était pas juste une formule. On a tout de suite senti qu’ils allaient nous laisser faire beaucoup de choses. »

Julie a également apprécié l’intérêt porté à leur vie personnelle.

« À moi, il m’a quand même demandé si je voulais des enfants dans les prochaines années. J’ai trouvé ça sympa. Ça montre qu’ils ne s’intéressent pas uniquement à notre CV. »

En off, le responsable précise qu’il s’intéressait surtout aux prochaines années.

« Les enfants, j’adore. Mais pas forcément ceux de mes salariés. »

La clinique recherche désormais un troisième vétérinaire

Quelques jours plus tard, Thomas et Julie ont accepté les deux postes.

La clinique a immédiatement modifié son annonce.

Elle recherche désormais « un troisième vétérinaire en urgence ».

Le couple aurait proposé le nom d’un ancien camarade de promotion actuellement à la recherche d’un poste.

Avant de le contacter, le responsable de la clinique aurait simplement demandé s’il était en couple.

Magnétiseurs et naturopathes appelés à la rescousse pour rendre les vétérinaires plus convaincants

Magnétiseurs et naturopathes appelés à la rescousse pour rendre les vétérinaires plus convaincants

Face à la concurrence croissante des naturopathes animaliers, magnétiseurs, lithothérapeutes et autres spécialistes capables de poser un diagnostic sans forcément voir l’animal, les écoles vétérinaires françaises auraient décidé de réagir.

Dès la rentrée prochaine, plusieurs nouveaux enseignements devraient faire leur apparition dans le cursus vétérinaire.

Au programme : « Convaincre sans prise de sang », « Interprétation énergétique d’un labrador à distance », « Introduction aux pierres qui font quelque chose » ou encore « Répondre avec assurance quand on n’a absolument aucune idée ».

Une évolution devenue indispensable.

« Nos étudiants savent diagnostiquer une insuffisance rénale, interpréter une échographie et calculer une perfusion », reconnaît la directrice d’une école vétérinaire.

« Mais face à quelqu’un qui dit : “Je sens à distance que son foie est chargé”, ils sont complètement démunis. »

Le vétérinaire souffrirait d’un grave déficit de conviction

Selon une étude sur 9 personnes, un naturopathe animalier aurait 88 % de chances supplémentaires qu’un vétérinaire de convaincre un propriétaire de suivre son traitement.

Un chiffre qui inquiète les écoles.

« Le vétérinaire commet encore beaucoup trop souvent l’erreur de dire : “Je pense que”, “il faudrait vérifier” ou “on va faire des analyses” », explique un enseignant.

« Alors qu’il suffit parfois de fermer les yeux quelques secondes et d’annoncer : “Son énergie est bloquée depuis mardi.” C’est beaucoup plus impactant. »

Les étudiants apprendront donc à supprimer progressivement de leur vocabulaire les expressions « diagnostic différentiel », « niveau de preuve » et « je ne sais pas ».

Des stages pratiques chez des professionnels

En cinquième année, les étudiants pourraient également effectuer plusieurs semaines de formation auprès de professionnels sélectionnés pour leur capacité à obtenir des résultats sans matériel particulièrement encombrant.

L’objectif serait notamment d’apprendre à examiner un animal par téléphone, à détecter un déséquilibre à partir d’une photo légèrement floue et à proposer trois compléments alimentaires avant même que le propriétaire ait terminé sa phrase.

Un module spécifique sera consacré aux pierres.

Les étudiants devront être capables de distinguer une améthyste destinée au stress d’un chien d’un simple caillou trouvé sur un parking.

L’épreuve serait éliminatoire.

« On veut surtout comprendre comment ils font »

En off, la direction reconnaît cependant que l’objectif principal de cette réforme serait ailleurs.

« On ne cherche pas tellement à apprendre aux vétérinaires à soigner avec des pierres. »

« On voudrait surtout comprendre comment quelqu’un peut convaincre un propriétaire en quatre minutes alors que notre vétérinaire vient de passer vingt-cinq minutes à expliquer une maladie, montrer les analyses et détailler le traitement… et qu’on lui répond quand même : “Je vais réfléchir.” »

Les écoles espèrent ainsi former une nouvelle génération de vétérinaires réunissant enfin les deux compétences indispensables à la médecine moderne : savoir ce qu’ils font, et réussir à faire croire qu’ils en sont absolument certains.

Une simple panne de machine à café paralyse une clinique pendant une demi journée

Une simple panne de machine à café paralyse une clinique pendant une demi journée

Quelque part dans une clinique vétérinaire française, une machine à café aurait cessé de fonctionner lundi matin.

Un incident jugé « majeur ».

« Au début, on pensait que quelqu’un avait juste oublié de remettre de l’eau », raconte une ASV.

« Mais ensuite, on a appuyé une deuxième fois.

Et toujours rien.

Là, on a compris que la matinée allait être compliquée. »

Dans les minutes qui ont suivi, l’ensemble des compétences disponibles aurait été mobilisé.

Le chirurgien aurait immédiatement proposé d’ouvrir.

« Je ne voyais pas trop l’intérêt d’attendre.

Quand quelque chose ne fonctionne plus, à un moment, il faut aller dedans. »

Une proposition immédiatement bloquée par la médecine interne.

« On n’avait aucune preuve scientifique que démonter la machine améliorait le pronostic.

J’ai préféré chercher dans la littérature. »

Après 45 minutes, plusieurs publications auraient été retrouvées.

Aucune n’aurait permis de conclure.

L’imagiste aurait alors proposé une échographie.

« J’ai vu quelque chose.

Enfin, je pense.

Ça pouvait aussi être un artefact.

J’aurais bien contrôlé dans trois semaines. »

 

Pendant ce temps, l’état général de l’équipe se serait progressivement dégradé.

Retards en consultation.

Difficultés de concentration.

Irritabilité.

Et plusieurs erreurs médicales inhabituelles.

« À un moment, quelqu’un a proposé d’aller acheter du café à moudre », raconte une vétérinaire.

Un silence aurait immédiatement envahi la pièce.

Tout le monde l’a regardée. Elle a compris toute seule.

À 11 h, près d’une dizaine de personnes auraient été réunies autour de la machine.

« On ne travaillait plus vraiment. Mais pour la première fois depuis longtemps, toute l’équipe faisait quelque chose ensemble. »

La direction envisagerait désormais d’intégrer officiellement les pannes de machine à café au programme de team building annuel.

C’est finalement une ASV qui aurait découvert l’origine du problème.

Une petite pièce était cassée.

« Je l’ai changée. Ça a remarché. »

Une résolution accueillie avec prudence par la médecine interne.

« Oui, ça fonctionne. Mais avec un seul cas, je trouve ça un peu tôt pour conclure. »