Pour préparer la Diagonale des Fous, une vétérinaire fait un rempla ASV

Pour préparer la Diagonale des Fous, une vétérinaire fait un rempla ASV

A quelques mois de la Diagonale des Fous, une vétérinaire a décidé de remplacer une ASV pendant une semaine afin d’augmenter sa charge d’entraînement.

« Au départ, j’avais pensé retourner faire un peu de rurale. Mais entre deux élevages, on passe finalement beaucoup de temps assis dans la voiture. En équine, c’est encore pire. »

C’est en consultant par hasard la montre d’une ASV de sa clinique que la vétérinaire aurait finalement trouvé une solution.

« Elle avait fait 30 000 pas dans la journée. Moi, 4 300. Et j’étais allée courir le midi. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. »

Elle décide alors de prendre sa place pendant deux semaines. Dès la première journée, les résultats dépassent ses attentes.

« On va chercher un chien, on revient. Le vétérinaire demande une seringue, on repart. Quand on revient, il lui fallait aussi une aiguille. Puis finalement une autre seringue. À la fin de la journée, j’avais parcouru presque 20 kilomètres sans sortir de la clinique. »

Les bénéfices ne se limiteraient pas au volume d’entraînement. Le travail cardiovasculaire se serait également révélé particulièrement intense.

« Ma Garmin a détecté quatre séances de fractionné dans la matinée. En réalité, c’étaient simplement quatre propriétaires qui s’étaient énervés à l’accueil. »

La vétérinaire aurait également rapidement abandonné ses séances habituelles de renforcement musculaire.

« Les sacs de croquettes sont parfaits pour travailler les quadriceps en prévision des descentes. Et hier, j’ai porté un labrador de 46 kg jusqu’en salle de consultation. Sur la Diagonale, sera beaucoup plus léger. »

Même la préparation mentale aurait bénéficié de cette nouvelle méthode.

« J’ai expliqué quatre fois à une propriétaire que “à jeun” signifiait également sans la petite tranche de jambon du matin. Je pense que mentalement, je suis prête pour passer la nuit dans la montagne. »

Un problème subsiste néanmoins : l’endurance fondamentale.

La vétérinaire espérait initialement profiter de ses 30 000 pas quotidiens pour accumuler de longues heures en zone 2. Un objectif qui s’est rapidement révélé irréalisable.

« Entre le téléphone, les vétérinaires qui vous appellent toutes les trois minutes et les propriétaires qui s’énervent, ma fréquence cardiaque monte constamment. Il est quasiment impossible de rester en EF. »

Elle est donc contrainte de conserver une dernière séance d’entraînement le week-end.

« Le dimanche, je fais deux heures d’endurance fondamentale. Ça me permet de récupérer de ma semaine d’ASV. »

Un vétérinaire décède lors d’une opération visant à réduire la taille de son ego

Un vétérinaire décède lors d’une opération visant à réduire la taille de son ego

Le monde vétérinaire est sous le choc. Un vétérinaire exerçant depuis une quinzaine d’années est décédé mardi lors d’une intervention chirurgicale visant à réduire la taille de son ego, devenu incompatible avec une vie normale en collectivité.

Selon le chirurgien, l’intervention s’annonçait pourtant relativement simple.

« Au scanner, on voyait très clairement que l’ego occupait quasiment toute la boîte crânienne. Il comprimait notamment les zones responsables de l’écoute, du doute et de la remise en question. »

Au départ, pourtant, rien ne laissait présager une telle évolution.

« C’était un vétérinaire rural comme les autres », se souvient une ASV. « Il faisait de la prophylaxie, des vêlages… À l’époque, il aimait même beaucoup mettre des aimants. »

Les premiers symptômes seraient apparus quelques années plus tard, lorsqu’il décide de passer un CEAV de médecine interne.

« Au début, on était contents pour lui. Puis il a commencé à reprendre les autres vétérinaires sur leurs bilans sanguins. Ensuite les labos sur leurs normes. Là, on a compris qu’il se passait quelque chose. »

Le vétérinaire, lui, réfutait toute modification de son comportement.

« Je suis resté exactement le même. J’ai simplement acquis un niveau de connaissances qui rendait l’avis des autres un peu moins nécessaire. »

 

 

Mais la maladie aurait véritablement changé de dimension lorsqu’il s’est mis à la chirurgie orthopédique.

« Après sa troisième TPLO, il a commencé à parler de lui à la troisième personne », raconte une ASV. « Et dès qu’un autre vétérinaire présentait un cas, il répondait : “Moi, j’aurais fait comme ça.” Même quand personne ne lui avait demandé. »

« À ce stade-là, son ego était déjà spécialiste depuis plusieurs mois », confirme une ASV.

L’intéressé, qui avait accepté de témoigner avant l’intervention, ne semblait toutefois pas partager cette inquiétude.

« Je ne dirais pas que j’ai pris la grosse tête. Je dirais plutôt que les autres ont pris du retard. »

La situation se serait encore aggravée après plusieurs formations en management et son passage au statut d’associé.

« Après sa troisième formation en leadership, il ne rentrait quasiment plus dans la salle de pause », explique une collègue. « Pas physiquement. Sa tête passait encore. Mais il fallait que tout le monde se pousse. »

Face à l’aggravation des symptômes, une réduction chirurgicale de l’ego avait finalement été décidée.

Mais l’intervention s’est révélée beaucoup plus complexe que prévu.

« On pensait en retirer environ 30 %. Le problème, c’est que dès qu’on en enlevait un morceau, il repoussait. »

Le vétérinaire aurait finalement succombé quelques heures plus tard.

Selon l’équipe médicale, ses derniers mots auraient été :

« Je me demande si je devrais pas faire une résidence. »

Un vétérinaire surdoué réalise son premier burn out pendant son rempla carte verte

Un vétérinaire surdoué réalise son premier burn out pendant son rempla carte verte

Toulouse  : À seulement 24 ans et alors qu’il n’est pas encore officiellement diplômé, Hugo vient de réaliser une performance que beaucoup de vétérinaires n’atteignent qu’après plusieurs années d’exercice : son premier burn-out.

« On m’avait diagnostiqué HPI quand j’étais petit, mais je ne pensais pas pouvoir être à ce point en avance sur les autres », raconte le jeune homme, encore surpris par cette réussite précoce.

Tout commence trois semaines après le début de son remplacement carte verte.

Après plusieurs journées terminées à 21 h, quelques urgences prises entre deux consultations et une césarienne de bouledogue français au cours de laquelle un chiot décède, Hugo commence à ressentir une certaine fatigue.

« Au début, je pensais que j’étais simplement nul. Heureusement, mon responsable m’a beaucoup rassuré en me disant que lui aussi le pensait. »

« Ça m’a permis de m’intégrer à l’équipe »

Rapidement, Hugo découvre que son expérience est loin d’être isolée.

« Quand j’ai annoncé mon burn-out en salle de pause, ça a créé énormément de liens. Sur les six vétérinaires de la clinique, cinq en avaient déjà fait un. Chacun racontait le sien : trois semaines d’arrêt, deux mois, six mois… C’était un peu comme comparer nos temps sur un semi-marathon. »

Une collègue lui aurait même confié en avoir déjà fait deux.

« Là, forcément, on respecte. J’ai encore beaucoup à apprendre. »

Pour Hugo, cette première expérience aura finalement eu un effet positif.

« Avant, j’avais encore un peu le syndrome de l’imposteur. Maintenant que j’ai fait mon burn-out comme les autres, je me sens vraiment vétérinaire. »

Une prise en charge immédiate par la clinique

Son responsable, Philippe, assure de son côté avoir tout mis en œuvre pour accompagner le jeune vétérinaire, notamment après le décès du chiot pendant la césarienne.

« Il culpabilisait beaucoup. Pour lui apprendre à gérer ce genre de situation, nous avons donc retiré le prix du chiot directement de son salaire. Ça lui a permis de se sentir moins coupable et surtout de ne pas perdre le client. »

Philippe a également tenu à rappeler personnellement l’éleveur.

« Je lui ai expliqué que la prochaine fois, ce serait moi qui ferais la césarienne et qu’il n’y aurait pas de problème. Il faut savoir protéger les jeunes dans ces moments-là. »

Une intervention qu’Hugo reconnaît avoir beaucoup appréciée.

« Ça m’a soulagé. Au début, je pensais que le plus grave était la mort du chiot. Après cette discussion, j’ai compris que le vrai problème aurait été de perdre le client. »

La clinique reconnaît sa part de responsabilité

De son côté, Philippe assure avoir également tiré quelques enseignements de l’expérience.

« Quand Hugo est arrivé, il nous a expliqué qu’il était HPI. J’ai voulu tenir compte de son profil et lui aménager son planning. Bêtement, j’ai confondu HPI et TDAH. Je pensais qu’il était hyperactif, donc je lui remplissais bien ses journées pour éviter qu’il s’ennuie. »

Une erreur que le responsable reconnaît volontiers.

« Avec le recul, c’était peut-être pas la meilleure façon d’aménager son planning. Après, il ne s’est jamais ennuyé, donc tout n’était pas à jeter. »

Un avenir professionnel déjà bien préparé

Hugo préfère désormais regarder vers l’avenir.

« D’après les statistiques, maintenant que j’ai fait mon premier burn-out, je devrais normalement changer de profession d’ici trois ans. »

Le jeune homme a donc commencé à anticiper.

« J’ai déjà regardé quelques formations en alternance. Je pense que c’est important de préparer sa reconversion suffisamment tôt, surtout quand on n’a pas encore terminé sa formation initiale. »

Son responsable reste néanmoins optimiste.

« C’est dommage parce qu’on comptait vraiment sur lui cet été. Surtout qu’on n’a toujours pas trouvé de remplaçant pour remplacer la vétérinaire qui remplaçait celle qui est partie en burn-out. »

La clinique vient donc de republier son annonce sur Speed véto.

Elle recherche un vétérinaire passionné, autonome et résistant au stress, souhaitant rejoindre une équipe familiale.

Jean Michel vétérinaire dans le Charolais ne comprend toujours pas pourquoi aucun aide n’a répondu à son annonce.

Jean Michel vétérinaire dans le Charolais ne comprend toujours pas pourquoi aucun aide n’a répondu à son annonce.

Charolles, après six mois de recherches infructueuses, Jean-Michel, vétérinaire rural depuis 1994, commence sérieusement à s’interroger sur le manque de motivation de la nouvelle génération.

« Pourtant, je pense qu’on avait vraiment fait une annonce attractive », explique-t-il, visiblement déçu.

L’offre proposait en effet un poste d’aide longue durée, de préférence un homme « parce qu’en vêlage, il faut quand même parfois tirer un peu », au sein d’une structure à l’ambiance familiale.

Parmi les autres avantages : une clientèle rurale « exigeante mais attachante », une autonomie complète dès le premier jour et la possibilité d’intégrer une équipe où « tout le monde met la main à la pâte ».

Côté organisation, la structure avait également fait un véritable effort.

« La garde, c’est seulement une sur deux. Et quand on aura trouvé le deuxième vétérinaire qu’on cherche en urgence depuis mars, normalement ça devrait passer à une sur trois. »

Jean-Michel reconnaît néanmoins que le recrutement devient urgent.

« Là, on est trois. Enfin deux et demi, parce que Philippe part fin septembre. Mais justement, si quelqu’un arrive maintenant, il aura tout de suite beaucoup de responsabilités. Pour un jeune, c’est extrêmement formateur. »

L’annonce précisait d’ailleurs que le candidat devait être autonome, disponible, polyvalent et capable de gérer seul les urgences rurales, même si « évidemment, on reste toujours joignables ».

Un logement à deux pas du travail

Jean-Michel tient également à rappeler l’un des gros avantages proposés par la clinique : un logement directement au-dessus de la structure, pour un loyer modéré de 500 € par mois.

« Franchement, pour un jeune, c’est idéal. Il n’a même pas besoin de prendre sa voiture pour venir travailler. Et puis, s’il y a un animal hospitalisé la nuit, il peut facilement descendre jeter un œil. Ça lui permet aussi de voir davantage de cas et de progresser plus vite. »

Les 500 € peuvent même être directement retirés du salaire, « comme ça, il n’a pas à penser à faire un virement tous les mois ».

Un système qui permet donc au futur salarié de bénéficier simultanément d’un logement, d’une proximité immédiate avec son lieu de travail et d’une formation continue, y compris pendant son sommeil.

Concernant les horaires, Jean-Michel se veut là encore rassurant.

« On ne compte pas vraiment les heures ici. On est une famille. Si quelqu’un doit partir à 18 h pour un rendez-vous, il suffit de prévenir. Bon, évidemment, s’il y a un vêlage, il va d’abord au vêlage. »

Le salaire sera quant à lui défini « selon le profil et la motivation », l’annonce précisant qu’une association est envisageable à terme pour quelqu’un qui fait ses preuves.

Malgré l’absence totale de candidature, Jean-Michel refuse pour l’instant de modifier profondément son offre.

« On m’a conseillé d’enlever “ambiance familiale”, “garde une sur deux” et “de préférence un homme”. Mais après, si on enlève tout ce qui fait l’intérêt du poste, qu’est-ce qu’il reste ? »

La clinique envisagerait néanmoins de moderniser prochainement son annonce en ajoutant « équilibre vie pro / vie perso », Jean-Michel ayant récemment appris que ce terme était devenu « à la mode ».

Une clinique vétérinaire organise un team bulding pour comprendre ce qui ne va pas dans son « ambiance familiale »

Une clinique vétérinaire organise un team bulding pour comprendre ce qui ne va pas dans son « ambiance familiale »

Quelque part en France — Face à une succession de départs que la direction attribue à un écart générationnel difficile à gérer, les associés d’une clinique vétérinaire ont décidé d’organiser un grand week-end de team building afin de recréer du lien dans l’équipe.

Selon eux, le problème ne vient pas des conditions de travail mais plutôt d’un manque de motivation chez les nouvelles générations.

« Chez nous, l’ambiance est vraiment familiale », rappelle l’un des associés.
« On a quand même acheté un baby-foot et instauré deux pauses café par jour. »

Le week-end a débuté par une randonnée à 6h du matin, choisie pour « dynamiser l’équipe ».

« C’est important de commencer la journée tôt », explique un des associés.

Une initiative qui semble avoir surpris une partie des participants.

Après l’effort, l’équipe s’est retrouvée pour déjeuner dans un restaurant situé à côté de l’abattoir local, choisi pour son authenticité.

C’est à ce moment que la direction a découvert que deux assistantes et un vétérinaire étaient végétariens.

« À notre époque, un plat de tripes ça nous aurait fait plaisir », explique un des associés.

L’après-midi était consacré à une activité de groupe destinée à renforcer l’esprit d’équipe.

C’est à ce moment qu’un vétérinaire aurait annoncé sa démission.

« Il a dit qu’il avait trouvé une porte de sortie », raconte une participante.
« On pensait qu’il parlait du jeu. »

Profitant de la présence de toute l’équipe, les associés ont également décidé de filmer une vidéo de recrutement destinée à être diffusée sur Speed Véto.

« On a pris le pack cinq annonces à l’année, c’est plus sûr », explique le dirigeant.

Pendant le tournage, un détail aurait cependant surpris la direction.

« On a dû leur demander de sourire ».

Avant d’ajouter :

« On n’est vraiment plus sur les mêmes générations. »

Malgré cet investissement, plusieurs départs ont été enregistrés ces derniers mois.

« Franchement, on ne comprend pas », confie l’associé.

Mais il ne renoncera pas : « il y a bientôt le salon du barbecue je crois qu’on va proposer au reste de l’équipe. Une occasion comme ça, ça ne se loupe pas. »