Quelque part en France, Nicolas, vétérinaire rural, pousse un coup de gueule.
La raison ?
La biosécurité.
“Au début, on nous a demandé de nettoyer les voitures plus régulièrement. Bon. Ça m’agaçait déjà un peu. Mais là… on en est à changer de pantalon tous les jours.”
Un changement qu’il n’avait pas anticipé.
“Dans mon modèle économique, deux pantalons me faisaient la semaine.
Là, on me parle de sept.
Vous vous rendez compte de l’impact financier ?”
Selon ses estimations, cela représenterait une augmentation significative du budget textile annuel, sans parler des lessives et du temps passé à les faire.
“On parle beaucoup des maladies émergentes… mais on en oublie l’augmentation de la charge mentale.”
Au-delà de la logistique, Nicolas traverse surtout une crise identitaire.
“Un vrai vétérinaire rural, ça se reconnaît.
Le pantalon sale en arrivant à la clinique,
les bottes encore marquées du sang de la césarienne de la veille,
une blouse qui a vécu…
ça, c’est un véto.”
Laurent J., vétérinaire récemment retraité qui a souhaité rester anonyme, observe la situation avec philosophie :
“À notre époque, on ne se compliquait pas autant la vie.
Un flacon de pénicilline, un flacon d’histabiosone, et on avançait.”
Avant d’ajouter :
“Changer de blouse entre chaque élevage… bientôt ils vont prendre des douches comme en porc ou mettre des surbottes comme en volaille.
On marche sur la tête.”
Les éleveurs, eux, avaient un autre regard.
“Franchement, j’osais pas lui dire…
Mais le pantalon sale dès le matin, les bottes encore pleines de sang de la veille… c’était un peu excessif.”
“Les cheveux ébouriffés, le sang séché sur la joue…
De temps en temps, il avait même un cure-dent entre les dents.
Je crois qu’il pensait ressembler à Chuck Norris.”
Après quelques semaines de résistance, Nicolas admet :
“Je pensais perdre en crédibilité.”
Il regarde son pantalon propre, ajuste sa blouse, puis conclut :
“Bon… au pire, je garderai les bottes sales.”





